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L’inconscient existe, mais lequel ?

il y a 11 minutes
12 min de lecture

Le premier article de cette série, consacré à Freud neurologue, se terminait sur un point d’accord : une grande part de ce qui se passe en nous échappe à la conscience, et les neurosciences ne le contestent plus. La discussion porte désormais sur la nature de cet inconscient.


Le mot recouvre en effet deux réalités. Dans les laboratoires, il désigne tout ce que le cerveau traite sans que nous en ayons conscience, par exemple un mot affiché sur un écran trop brièvement pour qu’on le voie. Chez Freud, il désigne d’abord ce qui est tenu à l’écart de la conscience par une force, et qui insiste pour revenir. Le premier est aujourd’hui bien établi. Le second se laisse beaucoup plus mal mettre en expérience. Je pars ici de ce que Freud a écrit, puis de ce que la recherche en a fait.


Ce que Freud appelait inconscient

Freud soutient que la conscience est une simple qualité de la vie psychique, qui peut l’accompagner ou lui faire défaut. En 1923, au début du Moi et le ça, il en fait la prémisse fondamentale de la psychanalyse.


Il précise pourtant de quoi il parle. Dès 1912, puis dans son essai de 1915 sur l’inconscient, il distingue plusieurs usages du mot, dont deux nous intéressent ici. Au sens descriptif, est inconscient tout ce qui n’est pas présent à l’esprit à un moment donné, refoulé compris. Ce qui n’est inconscient qu’en ce sens, un souvenir auquel je ne pense pas ou un savoir disponible que je n’utilise pas, Freud l’appelle le préconscient, parce que ces contenus peuvent redevenir conscients sans difficulté. Il admettra même, en 1923, qu’un travail intellectuel difficile peut s’y accomplir à notre insu, comme lorsqu’on trouve au réveil la solution d’un problème cherchée en vain la veille.


Au sens dynamique, l’inconscient désigne ce qui est tenu hors de la conscience par une force, le refoulement, et qui ne peut y revenir par ses propres moyens. On en perçoit les effets dans les rêves, les oublis, les lapsus ou les symptômes. Au cours d’une analyse, on le rencontre aussi sous la forme d’une résistance, qui se manifeste quand la parole s’en approche.


L’essai de 1915 contient une phrase que l’on cite moins souvent qu’elle ne le mérite. Après avoir posé que tout ce qui est refoulé reste inconscient, Freud ajoute que le refoulé ne recouvre pas tout l’inconscient : l’inconscient a une extension plus large, et le refoulé n’en forme qu’une partie. En 1923, il va plus loin. Une partie du moi lui-même, écrit-il, est inconsciente sans être refoulée, et il concède que le mot finit par avoir des significations multiples, au point de perdre sa précision.


L’énoncé que cet article met à l’épreuve est donc double. Freud affirme qu’une grande partie de la vie psychique se déroule hors de la conscience. Il affirme aussi qu’une part de cet inconscient est activement maintenue à l’écart, parce qu’elle serait source de déplaisir, et qu’elle continue d’agir. La recherche a beaucoup à dire sur la première affirmation, beaucoup moins sur la seconde.


Établi : un vaste traitement hors de la conscience

En 1987, le psychologue américain John Kihlstrom publie dans Science un article intitulé « The cognitive unconscious ». Il y rassemble des résultats venus de la psychologie cognitive : les automatismes qui se déroulent sans que nous les surveillions, la perception de stimulus que nous ne remarquons pas, la mémoire d’expériences dont nous ne gardons aucun souvenir conscient et qui influencent pourtant nos réponses. L’article fait date et popularise l’expression d’« inconscient cognitif ».


Une décennie plus tard, l’imagerie permet de suivre ce traitement dans le cerveau. En 1998, Stanislas Dehaene, Lionel Naccache et leurs collègues publient dans Nature une expérience devenue classique. Des chiffres sont présentés si brièvement, et masqués par d’autres signes, que les participants ne peuvent pas dire les avoir vus. Ces chiffres invisibles influencent pourtant la réponse à un chiffre visible présenté juste après, et l’enregistrement de l’activité cérébrale montre que le cerveau a commencé à leur appliquer la consigne de la tâche, jusqu’à préparer un geste. Une chaîne de traitements allant de la perception à la préparation de la réponse s’est déroulée sans conscience.


Dehaene a fait de ces expériences le point de départ d’une théorie de la conscience, exposée en français dans Le code de la conscience (2014). Un stimulus qui reste inconscient active des régions locales du cerveau ; un stimulus qui devient conscient déclenche une activité qui se propage et se maintient dans de vastes réseaux, en particulier vers les régions frontales.


Le degré de solidité de ces résultats n’est pas uniforme. Dans une conférence de 2013, Kihlstrom dressait lui-même le bilan : les preuves sont solides pour la perception et la mémoire implicites, plus faibles pour l’apprentissage et la pensée, ambiguës pour les motivations et les émotions. Retenez ce dernier point, car c’est sur le terrain des motivations et des émotions que se situe l’inconscient freudien.


Débattu : jusqu’où va ce traitement

Que le cerveau traite beaucoup d’informations hors de la conscience n’est plus contesté ; la discussion porte sur la profondeur de ce traitement. En 2022, Liad Mudrik et Leon Deouell, chercheurs en neurosciences à Tel-Aviv et à Jérusalem, ont passé en revue les données disponibles. Ils trouvent des indices en faveur d’un traitement inconscient des catégories d’objets, des mots, peut-être jusqu’à leur sens, et des expressions émotionnelles du visage. Ils ne trouvent pas de preuve solide qu’une phrase ou une scène puisse être comprise comme un tout sans conscience, et ils attribuent une bonne part des contradictions de la littérature à la manière, très variable d’une étude à l’autre, de vérifier que les participants n’ont réellement rien vu.


Ce point de méthode est devenu central. En 2022, une équipe de l’université de Tübingen a montré que le raisonnement statistique employé dans de nombreuses études d’amorçage, dont celle de 1998, donnait l’impression d’un traitement inconscient là où les données ne permettaient pas de l’affirmer. Sa réplication de la partie comportementale de l’expérience de Dehaene ne permet pas de conclure que les chiffres masqués étaient traités au-delà de ce que les participants percevaient consciemment. En 2025, une trentaine de chercheurs d’horizons théoriques différents ont publié ensemble, dans Behavioral and Brain Sciences, des recommandations pour mesurer correctement l’absence de conscience, en reconnaissant que l’étendue et les limites du traitement inconscient restent vivement débattues.


Le même doute a touché les décisions. En 2014, Ben Newell et David Shanks ont examiné les travaux selon lesquels nos choix seraient souvent guidés par des influences inconscientes. Ils concluent que les preuves convaincantes sont rares et que le rôle de l’inconscient y a été surestimé, en grande partie parce que la conscience des participants était mal mesurée et que des résultats célèbres avaient été acceptés sans examen critique.


Fragile : les mots qui nous feraient agir

En 1996, John Bargh et ses collègues publient une expérience qui sera très largement citée. Des participants reconstituent des phrases à partir de listes de mots, dont certains évoquent la vieillesse. En quittant le laboratoire, ils marchent plus lentement que les autres, sans avoir remarqué le lien. L’idée qu’une poignée de mots puisse modifier nos actes à notre insu nourrit ensuite une abondante littérature en psychologie sociale.


En 2012, Stéphane Doyen et ses collègues de l’Université libre de Bruxelles refont l’expérience avec un chronométrage automatique et un échantillon plus large. L’effet disparaît. Dans une seconde expérience, ils obtiennent de nouveau un ralentissement, mais seulement lorsque les expérimentateurs s’attendaient à voir les participants ralentir ; les entretiens de fin d’expérience suggèrent en outre que certains participants avaient remarqué les mots. Les auteurs concluent que l’effet existe, mais qu’il passe par d’autres mécanismes que ceux que l’on supposait. En 2018, quarante laboratoires ont tenté de reproduire une expérience voisine, où l’on évoquait la figure du professeur avant un questionnaire de culture générale : dans les vingt-trois qui remplissaient tous les critères, soit près de 4 500 participants, aucune différence n’apparaît.


Pour un psychanalyste, l’expérience de Doyen a un intérêt particulier. Ce qui agissait sans que personne le remarque se logeait au moins en partie dans les attentes des expérimentateurs, donc dans la relation entre deux personnes, plutôt que dans les mots présentés. Je n’y vois aucune preuve en faveur de Freud. Je note seulement que l’influence inaperçue mise en évidence par cette expérience n’était pas celle que l’on cherchait.


Deux inconscients qui ne se recouvrent pas

L’inconscient que mesurent les laboratoires a des traits précis. Dans les expériences de masquage, il est rapide et il ne dure pas : l’influence d’un stimulus masqué décroît très vite. Lionel Naccache l’a résumé d’une boutade, citée par Stanislas Dehaene dans son cours au Collège de France : « l’inconscient est structuré comme une exponentielle décroissante ». La formule détourne celle de Lacan, sur laquelle je reviens plus bas. Cet inconscient-là sert la tâche en cours, et rien n’y suggère un conflit.


L’inconscient dynamique de Freud se présente tout autrement. Il persiste et il est conflictuel : ce qui est refoulé garde sa force, cherche à revenir et se heurte à ce qui le repousse. Il se repère à des effets qui insistent dans une vie, un symptôme ou une situation que l’on reproduit sans le vouloir, et non à l’absence de réponse dans une tâche de laboratoire.


Les chercheurs eux-mêmes tiennent à la distinction. Mudrik et Deouell précisent dès le début de leur synthèse de 2022 qu’ils ne parlent pas de l’inconscient freudien. Kihlstrom, qui a intitulé sa conférence de 2013 « un inconscient plus aimable et plus doux que cela », résume sa position de façon nette. L’existence d’une vie mentale inconsciente est acquise, mais elle était pensée bien avant Freud, par Leibniz ou Helmholtz. Ce qui appartient en propre à Freud, le conflit et la défense autour de désirs sexuels et agressifs, reste selon lui à démontrer.


Des chercheurs ont tenté de franchir l’écart. En 2013, l’équipe de Howard Shevrin a présenté à dix personnes souffrant de phobie sociale des mots choisis pour chacune par des cliniciens, à partir d’entretiens : certains liés au symptôme vécu consciemment, d’autres au conflit inconscient supposé. Les mots du conflit n’avaient un effet d’inhibition sur la réponse cérébrale aux mots du symptôme que lorsqu’ils étaient présentés de façon subliminale, et les auteurs y voient une trace neurologique du refoulement. Le travail est ingénieux. Il repose sur dix personnes, et Kihlstrom, à propos des travaux antérieurs de la même équipe, demandait déjà si le conflit mesuré était vraiment inconscient et si la théorie psychanalytique était nécessaire pour expliquer les résultats. À ce jour, c’est une piste qui attend d’être confirmée.


Lionel Naccache, neurologue à la Pitié-Salpêtrière, propose une autre lecture dans Le nouvel inconscient (2006). Au-delà des ressemblances et des oppositions entre les deux inconscients, Freud aurait mis au jour, à son insu, une clé « de notre faculté à construire notre pensée consciente ». Le sous-titre du livre, Freud, Christophe Colomb des neurosciences, le dit à sa façon : Freud aurait abordé une terre réelle en se trompant sur sa nature. Cette lecture déplace la question plus qu’elle ne la tranche, et je la mentionne pour cette raison.


Reste Lacan, que je cite avec prudence : psychiatre de formation, il n’a jamais cherché l’inconscient dans le cerveau. Sa formule la plus connue, « l’inconscient est structuré comme un langage », reprise notamment dans son séminaire de 1964, désigne autre chose qu’un traitement de l’information. En 1957, dans « L’instance de la lettre dans l’inconscient », il relit les deux mécanismes que Freud décrit dans le rêve, la condensation et le déplacement, comme deux opérations du langage, la métaphore et la métonymie, en s’appuyant sur le linguiste Roman Jakobson. L’inconscient dont il parle se lit dans ce que la parole fait aux mots : un mot pris pour un autre, un nom qui se dérobe au moment de le dire. Les expériences d’amorçage suggèrent qu’un mot invisible peut être traité, peut-être jusqu’à son sens ; elles ne disent rien de ces glissements, qui n’apparaissent que dans la parole d’une personne, au fil de son histoire. La boutade de Naccache tient à cet écart : l’inconscient qu’il mesure s’efface en quelques instants, alors que les formations dont parle Lacan reviennent dans la parole pendant des années.


Ce que l’imagerie ne voit pas

L’imagerie a été décisive dans cette histoire. Elle a montré qu’un chiffre ou un mot que la personne ne voit pas active pourtant des régions précises du cerveau, et elle permet de distinguer l’activité qui reste locale de celle qui accompagne la prise de conscience. Elle établit qu’un traitement a eu lieu.


Elle ne dit pas pourquoi une représentation reste hors de la conscience. Dans une expérience de masquage, la cause est connue d’avance : l’image a duré trop peu de temps pour être perçue. Le refoulement suppose une autre cause, un motif, ce qui serait pénible si cela devenait conscient. Aucune mesure cérébrale ne permet aujourd’hui de distinguer de façon établie ce qui n’a pas été vu de ce qui est tenu à l’écart.


Dans ces expériences, l’inconscient se définit par ce que la personne ne peut pas rapporter : elle déclare n’avoir rien vu, ou répond au hasard quand on l’interroge sur ce qui a été présenté. Le débat récent porte en grande partie sur la fiabilité de cette mesure. Freud définissait l’inconscient dynamique autrement, par ses effets et par la résistance que l’on rencontre quand la parole s’en approche, ce qu’un protocole de laboratoire reproduit difficilement.


L’expérimentateur, enfin, connaît le stimulus, puisqu’il l’a choisi. En séance, personne ne sait d’avance ce qui est tenu à l’écart : cela se découvre dans ce qui revient, par exemple un mot qui manque ou une association qui surprend celui qui la fait. L’étude de Shevrin a contourné la difficulté en confiant le choix des mots à des cliniciens ; l’hypothèse sur le conflit venait alors de l’entretien, et l’appareil ne faisait que la tester. Quant aux résultats publiés, ce sont des moyennes sur des groupes. Ils décrivent ce que les cerveaux ont en commun, et ce qu’un mot ou un souvenir représente pour vous, avec votre histoire, échappe par construction à une moyenne.


On retrouve la règle posée dans le premier article. Les neurosciences mettent à l’épreuve un mécanisme, ici l’existence d’un traitement hors de la conscience. Le sens singulier de ce qui est tenu à l’écart se construit ailleurs, dans la parole.


L’inconscient de Freud : le verdict

  • Confirmé. Une grande part du travail psychique se fait hors de la conscience, qu’il s’agisse de percevoir et de reconnaître ou de garder la trace d’une expérience oubliée. Freud l’admettait déjà pour le préconscient, et la recherche l’a établi solidement, même si l’étendue exacte de ce traitement reste discutée.

  • Nuancé. L’inconscient des laboratoires et l’inconscient dynamique de Freud sont deux objets différents. Le premier est souvent éphémère, et rien n’y suggère un conflit, même là où il dure, comme dans la mémoire implicite. Les tentatives pour mettre le second à l’épreuve existent, sur de petits effectifs, et ne permettent pas encore de conclure. Confondre les deux revient soit à attribuer à Freud des preuves qui ne le concernent pas, soit à lui reprocher l’échec d’expériences qui ne testaient pas sa thèse.

  • Contredit. Les travaux présentés ici ne contredisent rien de ce que Freud a écrit sur l’inconscient. L’image d’un inconscient qu’il suffirait d’activer par quelques mots pour modifier nos actes, elle, ne résiste pas aux réplications ; elle doit davantage à la psychologie sociale des années 1990 qu’à Freud.

Si l’on vous a expliqué que votre inconscient se résumait à des automatismes du cerveau, l’explication vaut pour une partie de ce qui vous échappe. Ce qui revient avec insistance dans votre vie, un symptôme ou une situation qui se répète, relève d’une autre question, que l’on travaille en séance, en parlant.


Le prochain article mettra à l’épreuve une phrase de Freud souvent citée : « le moi n’est pas maître dans sa propre maison ».


Références

  • Freud S. (1912). Quelques remarques sur le concept d’inconscient en psychanalyse.

  • Freud S. (1915). L’inconscient. Dans Métapsychologie.

  • Freud S. (1917). Une difficulté de la psychanalyse.

  • Freud S. (1923). Le moi et le ça. Dans Essais de psychanalyse. Payot.

  • Kihlstrom J. F. (1987). The cognitive unconscious. Science, 237(4821), 1445-1452.

  • Kihlstrom J. F. (2013). The unconscious mind: kinder and gentler than that. Support de conférence, cycle « Freud in 21st-Century America », université de Californie à Berkeley.

  • Dehaene S., Naccache L., Le Clec’H G., Koechlin E., Mueller M., Dehaene-Lambertz G., van de Moortele P.-F., Le Bihan D. (1998). Imaging unconscious semantic priming. Nature, 395(6702), 597-600.

  • Naccache L. (2006). Le nouvel inconscient. Freud, Christophe Colomb des neurosciences. Odile Jacob.

  • Dehaene S. (2009). L’inconscient cognitif et la profondeur des opérations subliminales. Cours au Collège de France.

  • Dehaene S. (2014). Le code de la conscience. Odile Jacob.

  • Mudrik L., Deouell L. Y. (2022). Neuroscientific evidence for processing without awareness. Annual Review of Neuroscience, 45, 403-423.

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  • Stockart F., Schreiber M., Amerio P., Carmel D., Cleeremans A., Deouell L. Y., et al. (2025). Studying unconscious processing: contention and consensus. Behavioral and Brain Sciences, publié en ligne le 22 juillet 2025, doi:10.1017/S0140525X25101489.

  • Newell B. R., Shanks D. R. (2014). Unconscious influences on decision making: a critical review. Behavioral and Brain Sciences, 37(1), 1-19.

  • Bargh J. A., Chen M., Burrows L. (1996). Automaticity of social behavior: direct effects of trait construct and stereotype activation on action. Journal of Personality and Social Psychology, 71(2), 230-244.

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  • O’Donnell M., Nelson L. D., et al. (2018). Registered Replication Report: Dijksterhuis and van Knippenberg (1998). Perspectives on Psychological Science, 13(2), 268-294.

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  • Lacan J. (1957). L’instance de la lettre dans l’inconscient ou la raison depuis Freud. Dans Écrits, Seuil, 1966.

  • Lacan J. (1973). Le Séminaire, livre XI. Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse (séminaire de 1964). Seuil.

 
 
 

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