
Personne n’a le droit de vous frapper ni de vous faire vivre dans la peur, qu’il s’agisse de votre conjoint, d’un parent, d’un collègue ou de quelqu’un que vous ne connaissez pas. Quelle que soit la forme que prend la violence, physique ou psychologique, et quel que soit l’endroit où elle s’exerce, la personne qui la subit n’y est pour rien.
Je suis Frédéric Le Boterve, psychanalyste et psychopraticien à Saint-Paul. J’ai voulu écrire cette page parce que beaucoup de personnes mettent des mois, parfois des années, à dire ce qu’elles vivent. Et quand elles finissent par en parler, la première réponse qu’elles reçoivent est trop souvent qu’elles exagèrent.
La violence ne se limite pas aux coups
Quand on parle de violence, on pense d’abord aux coups. Ils existent et ils laissent des traces. Une grande partie des violences, pourtant, n’en laisse aucune que l’on puisse montrer.
Il y a les mots qui rabaissent, répétés jusqu’à ce que vous finissiez par y croire. Il y a le contrôle de votre argent, de votre téléphone, de vos sorties ou de vos amis, et l’isolement qui s’installe peu à peu, loin de ceux qui comptent pour vous. Les menaces, dites ou sous-entendues, et le chantage aux enfants sont aussi de la violence, comme une sexualité imposée, y compris dans le couple. Taper dans un mur ou dans une porte à côté de vous, c’est également de la violence. C’est une façon de vous montrer ce que l’on pourrait vous faire et ce n’est pas acceptable. Au travail, elle prend la forme du harcèlement ou de l’humiliation devant les autres, jusqu’à la boule au ventre au moment de franchir la porte du bureau.
Il n’existe pas de seuil en dessous duquel ce que vous vivez ne compterait pas. Si vous avez peur, si vous surveillez constamment vos paroles ou vos gestes pour éviter une réaction, cela mérite d’être entendu et pris au sérieux. La violence peut venir d’un conjoint ou d’un ex, d’un parent, d’un enfant devenu adulte, d’un supérieur, d’un collègue ou d’un voisin. Elle touche les femmes comme les hommes, à tout âge et dans tous les milieux.
Une victime n’est jamais en faute
Sur ce point, je n’apporte aucune nuance : la responsabilité de la violence appartient toujours à celui qui l’exerce.
Vous avez peut-être entendu ces phrases, ou vous avez fini par vous les dire vous-même : « Tu m’as poussé à bout », « Si tu n’avais pas dit ça, rien ne serait arrivé ». Aucune ne rend un coup ou une humiliation légitimes. Une dispute, un reproche, une erreur, un mot de travers ne donnent à personne le droit de vous frapper ou de vous terroriser. La colère se ressent, mais ce qu’on en fait se décide, et celui qui choisit la violence en porte seul la responsabilité.
Cela vaut aussi si vous êtes resté, ou si vous êtes revenu après être parti. Il existe beaucoup de raisons de rester : la peur, les enfants, l’argent, l’espoir que l’autre change, l’attachement qu’on éprouve encore malgré tout, la pression, les menaces. Aucune ne fait de vous le responsable de ce que vous subissez.
Ceux qui minimisent
Il existe une injustice qu’on mesure mal tant qu’on ne l’a pas vécue. Le jour où vous trouvez enfin le courage de parler, la réponse n’est pas toujours celle que vous espériez : « Ce n’est pas si grave », « Tous les couples se disputent », « Pense aux enfants », « Au travail, il faut savoir encaisser ».
Ceux qui parlent ainsi ne sont pas forcément malveillants. Souvent, ils sont gênés et ne savent pas quoi faire. Certains connaissent la personne dont vous parlez et ont du mal à remettre en question l’image qu’ils en ont. Quelles que soient leurs raisons, leurs paroles peuvent vous laisser encore plus seul avec ce que vous vivez. L’effet est celui d’une seconde blessure qui s’ajoute à la première : vous finissez par douter de ce que vous avez vécu, et vous vous taisez.
Votre souffrance n’a pas besoin de l’accord de votre entourage pour être réelle. Ce que vous avez vécu compte, même si vous avez encore du mal à le nommer ou si votre entourage ne le reconnaît pas.
Et vous, qui vous sentez coupable
Il y a enfin une voix plus difficile à faire taire que celle des autres : la vôtre. Beaucoup de personnes qui subissent des violences se sentent coupables. Elles se demandent ce qu’elles ont fait pour en arriver là, ou pourquoi elles n’ont pas réagi plus tôt.
Cette culpabilité peut être très présente. La ressentir ne signifie pas que vous êtes responsable des violences que vous avez subies. Elle a des raisons d’exister, et les comprendre aide à s’en dégager.
La première vient de celui qui exerce la violence. Il la justifie et la retourne contre vous : « Regarde ce que tu me fais faire. » À force d’être répétée, cette inversion s’installe en vous, et vous finissez par porter une faute qui n’est pas la vôtre.
La seconde est plus intime. Se sentir coupable, c’est encore croire qu’on avait une prise sur ce qui arrive : si c’est ma faute, je pouvais l’éviter, et je pourrai l’éviter la prochaine fois. Cette pensée fait mal, mais elle reste moins insupportable que l’impuissance, que le sentiment d’être entièrement à la merci de l’autre. D’une certaine façon, la culpabilité protège contre une peur plus profonde.
La honte vient s’ajouter à tout cela. Elle pousse à se taire, et le silence laisse le champ libre à celui qui fait violence.
Comprendre pourquoi vous êtes resté ou revenu, ou pourquoi vous avez longtemps excusé l’autre, peut prendre du temps. Ce travail peut vous aider à reconnaître ce qui vous retenait et à vous dégager progressivement d’une responsabilité qui ne vous appartient pas.
Ce que je vous propose
Au cabinet, vous êtes d’abord entendu et cru. Vous parlez à votre rythme, de ce que vous voulez, sans avoir rien à prouver.
Le travail consiste ensuite à sortir de la confusion que la violence installe, et à retrouver confiance dans ce que vous percevez. Nous cherchons ensemble ce qui vous a maintenu dans la situation, sans jamais retourner la faute contre vous. Peu à peu, vous reconstruisez l’estime de vous-même et le sentiment d’être en sécurité.
Vous n’avez besoin ni d’avoir quitté la personne violente ni d’avoir porté plainte pour venir me voir. Ces décisions vous appartiennent, et nous pouvons les préparer ensemble si vous le souhaitez. Un accompagnement thérapeutique ne remplace ni la protection ni la démarche judiciaire ; il peut les soutenir et vous aider à tenir dans la durée. Si vous êtes en danger, votre sécurité passe avant tout, et les numéros qui suivent existent pour cela.
Numéros et appuis utiles
En cas de danger immédiat
17 : police ou gendarmerie.
112 : numéro d’appel d’urgence européen.
114 : par SMS, gratuit, si vous ne pouvez pas parler, par exemple parce que l’auteur des violences est dans la même pièce.
Pour être écouté et orienté
3919, Violences Femmes Info : gratuit et anonyme, 24 h/24 et 7 j/7, joignable depuis La Réunion. L’appel n’apparaît pas sur la facture de téléphone.
116 006, numéro d’aide aux victimes (France Victimes) : gratuit, 7 j/7, ouvert à toutes les victimes, femmes et hommes, quelle que soit la violence subie.
119, Allô enfance en danger : si un enfant est exposé ou concerné.
À La Réunion
CEVIF, Collectif pour l’élimination des violences intrafamiliales (Saint-Denis) : 0262 41 80 80, ou 0692 14 58 45 en cas d’urgence.
ARAJUFA, association d’aide aux victimes du réseau France Victimes à La Réunion : le 116 006 vous met en relation avec elle.
Vous pouvez porter plainte dans n’importe quel commissariat ou brigade de gendarmerie, même si les faits ont eu lieu ailleurs.


Si vous souhaitez en parler, la première consultation de découverte est offerte. C’est un temps pour faire connaissance, sans engagement de votre part.
Au cabinet de Saint-Paul, sur rendez-vous exclusivement.
Prendre rendez-vous
7 rue Élie Eudor
97460 Saint-Paul — La Réunion
Centre-ville de Saint-Paul, sur le front de mer, près du débarcadère. Stationnement gratuit et payant à proximité.
Consultations pour adultes au cabinet, sur rendez-vous exclusivement.
Par SMS ou WhatsApp
0692 88 86 59
Je ne réponds pas au téléphone pendant mes consultations, et je vous réponds en général dans la journée, ou le lendemain au plus tard.
Vous pouvez simplement m’indiquer que vous souhaitez un rendez-vous, sans rien expliquer de plus. Si vous craignez que quelqu’un lise vos messages, effacez notre échange une fois le rendez-vous fixé.
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